A l'heure où l'on s'inquiète du réchauffement de la planète et du tarissement des énergies fossiles, le solaire possède de solides arguments : gratuit et inépuisable, il s'annonce comme l'énergie renouvelable de ce siècle. Mais comment s'équiper en panneaux solaires ?
L'ensoleillement, variable selon les régions, totalise entre 1.500 et 4.000 heures par an. Lorsque le ciel est dégagé, le soleil envoie sur chaque m² une énergie évaluée entre 1.100 et 1.500 kilowatts/an. Sachant que 2.500 kW représentent les besoins électriques annuels d'un foyer de 4 personnes - hors chauffage électrique et eau chaude sanitaire, la réflexion s'impose.
On exploite le rayonnement solaire grâce à des panneaux qui le transforment en énergie : chaleur ou électricité. Attention, il ne faut pas confondre tous les panneaux. Il existe deux types de capteurs : le premier alimente un chauffe-eau solaire individuel (CESI) et produit de l'eau chaude sanitaire. Un liquide caloporteur, réchauffé dans le panneau par le soleil effectue un circuit fermé du capteur au ballon, où il chauffe l'eau qui s'y trouve, avant de retourner dans le capteur pour remonter en température.
Le second type de capteur, le panneau photovoltaïque (du Grec photo et du nom du physicien italien Volta), est complètement différent du panneau thermique. Dans cette technique découverte en 1839 par le français Becquerel, plus de liquide caloporteur mais des cellules semi-conductrices en silicium cristallin, transformant directement le rayonnement solaire (des photons) en électricité (des électrons). L'intensité électrique produite reste exactement proportionnelle au rayonnement solaire ; maximum quand le soleil est au zénith et nulle la nuit. Cette électricité est produite en courant continu ; il faut donc la consommer sur place ou la réinjecter sur le réseau, c'est-à-dire revendue à l'EDF ou à une autre régie électrique.
Durée du chantier et prix de l'installation
Les panneaux thermiques ou photovoltaïques peuvent se poser sur le
toit, la
terrasse ou en façade. Ils doivent toujours être placés perpendiculairement à la position du soleil (différente selon la saison et la position géographique) pour obtenir un résultat optimal.
La pose peut se faire à même le sol sur une toiture de terrasse, où l'on peut facilement les fixer dans la bonne orientation, ou sur une toiture traditionnelle. On les place au-dessus des tuiles ou des ardoises par fixation sur des supports ancrés à la charpente, et l'on peut aussi remplacer partiellement la toiture par ces panneaux, il s'agit alors d'un système dit " intégré ". Attention aux problèmes d'étanchéité. Les tuiles sont scellées.
Le processus est toujours le même : Dépose de la toiture, installation des liteaux sur lesquels sont posés les panneaux solaires. Le système intégré permet de respecter le style architectural de l'endroit, en pose verticale en façade (bardage ou vitrage), une option qui n'offre pas la même inclinaison optimale qu'en toiture, ou en brise-soleil, en auvent, au-dessus d'une grande baie située plein sud.
Charpentiers, couvreurs,
plombiers et électriciens sont les différents corps de métier intervenant sur un chantier de pose de panneaux solaires (qui dépasse rarement 3 ou 5 jours). Côté budget, dans le midi de la France, pour un chauffe-eau solaire de 4 personnes, (un ballon de 300 litres pour une famille de 4 personnes) compter 5.000 euros et 4,6 m² de panneaux. An nord de la Loire, la même installation nécessitera 5,4 m² de capteurs et coûtera 6 à 7.000 euros. La durée des travaux pourra être prolongée d'une demi-journée, le temps d'intervenir sur la plomberie traditionnelle pour intégrer le chauffe-eau.
Les contraintes techniques pour les panneaux photovoltaïques sont plus importantes, notamment l'inclinaison des capteurs. Si dans le nord les toitures sont bien inclinées, c'est l'inverse au sud où elles sont souvent trop plates, ce qui en hiver, avec le soleil bas, n'est pas idéal pour le rayonnement. Le budget d'une telle installation se situe autour de 18 à 20 000 euros, sachant que l'installation minimum est de 15 m² et qu'il faut prévoir environ 1 000 euros par m². Une fois installés les capteurs solaires, EDF, ou la régie locale qui rachète l'électricité, installe à la sortie de l'onduleur deux compteurs (un de vente d'énergie et l'autre d'achat) et relie l'installation au réseau.
Nombreuses aides financières
Des factures qui sont sensiblement allégées grâce aux nombreuses aides financières mises en place pour inciter à utiliser les
énergies renouvelables : crédit d'impôt pouvant atteindre 40% sur le prix des matériaux, aides supplémentaires accordées par certaines collectivités (comme les conseils régionaux) et le prix de rachat du surplus d'énergie produit par les installations photovoltaïques (tarif augmenté si les panneaux sont intégrés au bâti).
Enfin, passer à l'énergie solaire nécessite d'accomplir quelques démarches, réglementaires mais pas seulement, préalables. En
rénovation, une déclaration de travaux auprès de votre mairie s'impose. Pour une construction neuve, ne pas oublier d'intégrer les panneaux dans le
permis de construire. Validation obligatoire de votre installation auprès de l'EDF, et vérification des règles d'urbanisme, notamment si des conditions particulières concernant l'aspect et la couleur des toitures sont applicables dans votre quartier.
Par ailleurs, si vous habitez près d'un monument protégé ou d'un site historique, il vous faudra obtenir l'aval des ABF (architectes des Bâtiments de France). Et, dans une
copropriété, l'autorisation de l'assemblée générale reste incontournable.
Pensez enfin à monter votre dossier de subvention auprès de l'ADEME (site Internet : www.ademe.fr) et des organismes ou collectivités.
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